vendredi 31 mai 2013

LE "CUL MOU"



Je me demande si ce billet m'a été inspiré par les crabes mous de Vénétie !! L'adolescence, on le sait, est l'époque des mues, et Françoise Dolto l'a fait remarquer bien avant moi ! Les lycéens pontois* ne sont sans doute pas les plus modernes en termes de tendance ou de look vestimentaire, mais si vous travailliez comme moi en lycée, vous auriez souvent l’œil attiré par ces fonds de culotte dégoulinants qui ornent les postérieurs de pas mal de gamins. De garçons essentiellement, les filles n'arborant jamais, du moins, ici, ce type de tenue décadente !

Je suis souvent demandé, alors que je regardais d'un œil forcément torve, ces jeans découvrant largement le slip et traînant au sol, quel effet cela pouvait bien faire d'avoir "le cul mou". Je ne sais trop pourquoi mais cela m'évoque irrésistiblement ces slips de bain en tricot dont nos mères nous affublaient pendant notre enfance, et qui avaient l'insigne caractéristique de se détendre dès lors qu'on les mouillait. Ce qui provoquait invariablement une intense sensation de malaise, le slip pendouillant de tout son poids gorgé d'eau et menaçant dangereusement de tomber, car il était complètement distendu. Allez voir la photo du premier amour de Lulu, si vous ne saisissez pas exactement de quoi je parle !! J'en conserve un affreux souvenir (même si je n'en ai eu qu'un de cet acabit !) et me dis que ces falzars glauques doivent engendrer le même sentiment de gêne et d'inconfort. On est loin du temps du derrière rebondi et de la croupe haute, bien moulée dans un jean collant ! La fesse affublée d'un tel accoutrement est plate, sans esprit, et s'efface complètement au profit de ce sillon déroutant qui capte l'attention. De là à me demander, comme tant d'autres avant moi, d'où nous vient cette mode, de quel changement de mentalité, de valeurs, de société en un mot, elle est le révélateur... il n'y a qu'un pas... que je franchis allègrement ce soir.






Génération Y nous dit-on (ça tombe bien, n'est-ce pas ?) !! Des gens fort savants - on appelle cela des sociologues - nous expliquent que ce "Y" viendrait du fil des écouteurs qu'"ils" arborent sans coup férir en permanence ; d'autres qu'"ils" auraient ainsi été nommé à cause de la génération précédente, dite "X" (je vous fais grâce des caractéristiques cette dernière !) ; ou mieux qu'on devrait y voir l'effet de la phonétique anglaise de ce fameux Y (prononcer waɪ) et des "pourquoi" qui, nécessairement minent les jeunes. Je vous épargne les développements sur la réalité sociale de cette "catégorie" dans un système de pensée où l'on aime les classements (ne sommes-nous pas, pour certains d'entre nous, rangés dans la génération du babyboom, au point d'être définitivement étiquetés "babyboomers" ?). Je vous économise aussi le traditionnel couplet sur la façon dont les jeunes étaient différents "de mon temps" (je vous l'ai déjà chanté il y a quelques années)... ou celui sur l'effondrement supposé des valeurs, enfin de celles qu'on nous a inculquées.

Pourtant, est-ce le fait de l'âge, de la fatigue ou d'un nécessaire désenchantement, le chœur des lamentations en salle des profs est unanime : "ils" ne sont pas tels qu'on les voudrait, et "ils" nous déconcertent !! C'est leur "bofisme" qui nous désespère, et cette façon qu'"ils" ont de tout laisser glisser sur eux, se moquant du premier comme du cent de ce que nous avons pour mission de leur inculquer. Il me vient parfois, en la matière, des idées iconoclastes : est-on vraiment certains que nos références soient encore nécessaires à cette génération née une souris à la main et un portable collé dans l'oreille, débarrassée de la menace d'une apocalypse provoquée par la Guerre Froide, convaincue que le terrorisme est un fait de société incontournable, et, bien que voyant l'horizon de ses pulsions érotiques barré par le sida, installée dans l'instabilité affective comme devant un fait de société inéluctable. Et leur désintérêt pour nos "fondamentaux" n'est-il pas finalement le résultat de nos propres errements sociétaux ?




Pourtant, je crois sincèrement que les bases de notre pensée et de notre civilisation doivent être connues, car il ne suffit pas de maîtriser, et ils le font mieux que nous, les technologies de l'information, pour être prêts à affronter l'avenir. Il faut bien avouer d'ailleurs que cette maîtrise est exclusivement technique et que leur incompétence à se faire une idée sur la justesse d'une information, sur la pertinence d'une source est proprement stupéfiante. Ils avalent tout cru à peu près n'importe quoi, et on sent qu'ils gobent les buzz et autres "ramdam"** sans le moindre recul. Avouez que c'est inquiétant d'être ainsi la proie facile de n'importe quel discours, de n'importe quelle idéologie. Que dis-je ?.. les idéologies ont pris du plomb dans l'aile. Pour autant, les opinions, préjugés et autres convictions foireuses font florès, et leur faire face dignement n'est déjà pas aisé quand on est pétri de culture classique. Alors sans références ...

Mais je m'égare, mon propos n'était que de reluquer ces fringues un peu guenilles, en me demandant si le fait d'avoir le popotin au large n'est pas source d'effondrement de repères, voire de relâchement de l'esprit critique. Grosso modo, ces nippes croulantes n'iraient-elles pas de pair avec cet étrange détachement qui met tout au même niveau : à force d'être submergé d'informations, pour eux tout devient égal, linéaire, plat, atone... un peu comme le fessier que ces oripeaux leur façonne. La livrée, en l'espèce, est, comme souvent, plus la conséquence que la cause de cet état d'esprit de nos jeunes "digital natives". Mais, vu son manque de confort, elle traduit forcément plus de désarroi que d'insoumission. Et l'on préférerait les entendre se révolter que les voir s'effondrer.


Souvenir de Londres ! Mythique ... Encore une source d'inspiration pour Lucian Freud !
En tout cas, une bien jolie façon de résoudre le problème de la vêture !!!


Cette classe d'âge, dite aussi "génération Peter Pan", donne le sentiment, en l'absence de rite de passage à l'âge adulte, de ne pas avoir envie de se construire un avenir spécifique. Elle nous renvoie notre propre "maturité" comme un reproche. D'ailleurs, nous n'avons qu'une ambition : paraître aussi infantiles qu'eux, voire aussi irresponsables. Notre jeunisme les rebute, mais nous, il nous rassure. Autant que nous inquiète le comportement toujours en fuite de ces gamins, que l'avenir que nous leur avons construit n'attire pas assez pour qu'ils éprouvent l'envie de s'y mouler. Paradoxe lié à l'avenir que nous leur proposons.

Quand ils entrent dans la vie active, ils déstabilisent les us et coutumes, déroutent les employeurs,  décontenancent leurs collègues de travail, et, de deux choses l'une, soit on les met au pas, soit ils s'en vont. Car c'est aussi une des caractéristiques de ces jeunes, même s'ils ont pour venir travailler abandonné les jeans à fond vide qui sont à l'origine de mes interrogations : ils font du nomadisme sentimental, professionnel, culturel et personnel. Nous n'avons pas su leur offrir une vision du monde assez réconfortante pour qu'ils aient désir de s’y engager. Nous avons tout jeté par-dessus les moulins et sommes maintenant tout déconfits du résultat ! Tout justes bons à jouer les Cassandre, forcément, puisque notre jeunesse était plus belle, par définition, et donc, par extension, meilleure ... ben voyons, CQFD !

* pontois = de la ville de Pons, en Charente-Maritime.
** ramdam est la tentative (avortée mais sympathique) de francisation du buzz : la traduction littérale, bourdonnement, n'étant pas imaginable, trop long, on a proposé ramdam, altération du mot arabe   رَمَضَان  ramadan. Ramdam fait ainsi allusion au vacarme qui caractérise la vie nocturne en période de jeûne diurne, il renvoie aussi à l'idée de téléphone arabe et à une circulation parfois déformée de l'information.

PS : Le dessin qui illustre le début de l'article vient d'ici, un blog qui considère  apparemment, la génération "Y" comme son cœur de cible ! Oups !! Ben oui, faut pas se leurrer, il faut un langage spécial pour les convaincre d'acheter ces petits jeunes, un langage "moc(c)he".


19 commentaires:

  1. Petit ajout vestimentaire surprenant ici : au «cul mou» s'adjoint en effet le nu-pieds... J'étais déjà surprise, cet hiver, lorsque je voyais des élèves en pantoufles, la présence de nouvelles résidentes estudiantines à proximité leur donnant peut-être l'impression qu'il n'y a plus de frontières entre la maison et l'école, mais, depuis quelque temps, il y a carrément un certain nombre de jeunes qui se promènent pieds nus dans les couloirs du Cégep.

    Je t'avoue que je suis trop lasse pour tenter une interprétation. Et puis tu sais, hier, au dernier jour de classe, c'est celui que j'ai toujours regardé avec un air un peu dubitatif parce qu'il arborait des cheveux bleus, mauves et verts en parfaite osmose avec les couleurs de son short sans oublier ces anneaux qui sont incrustés dans les oreilles et qui y font carrément des trous de deux centimètres, c'est celui-là, donc, qui m'a remerciée chaleureusement pour mes digressions qui lui ont appris toutes sortes de choses grâce à l'utilisation un peu erratique que je fais d'internet en classe lorsque je réfléchis à voix haute et vérifie une information sur un sujet connexe qui m'est venu à l'esprit...C'est du moins ce que j'ai compris de son compliment... Bon. Faisons avec, comme ce ne serait pas drôle de se retrouver toujours avec des gens de la même génération pensant de la même façon...

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    1. Ben oui ma "brave dame", ça fait du bien un vent de jeunesse... mais les pieds nus, pourquoi non, après tout ! qaunt aux cheveux mauves, verts et bleus, ça met du piquant et n'empêche pas de réfléchir !! AU moins c'est pas avachi ...

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  2. J'ai commencé ma vie professionnelle très jeune et je me rendais à mon travail avec des mini-jupes que d'aucun(e)s devaient trouver fort indécentes...
    Les années ont passé et j'essaie de ne pas trop me révolter devant les piercings des jeunes enseignant(e)s ou les jeans que tu décris si bien...
    Affaire de génération ?
    Je t'embrasse.

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    1. Mais oui Norma, on a aimé choquer, on a cru refaire le monde et on a été persuadés d'avoir inventé le scandale, surtout celui qui mettrait la bouche des vieux en cul de poule !!! Mais pour autant, ce que je déplorais dans ces culs mous, c'est leur côté effondré, dégoulinant de bofisme. Sinon, qu'on nous choque que diable, cela nous fait du bien !

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  3. pantalon flottant au vent...mutilations diverses exhibées (le piercing s'y apparente pour moi) tatouages "ethniques" ? cette année je change de dizaine et je me trouve de plus en plus décalée avec les djeunes de la rue ou à la rue.
    bonne journée Michelaise

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    1. Super d'être décalée Josette, normal et très sain, pas question de faire du jeunisme, à mon avis c'est le pire de tout !

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  4. Michel de Lyon1 juin 2013 12:49

    Michelaise, à vous indigner un billet sur deux, vous allez bien finir par nous faire un infarctus ou de l’hypertension artérielle. Économisez-vous un peu… On aime aussi lire vos billets ‘cul’-turels Je partage vos divers arguments, bien que n’étant pas de l’enseignement. Je partage vos vues… mais dites-moi ? Que pensiez-vous de ces jeans tellement ajustés qu’on voyait parfois la religion d’un jeune homme ou la patte de chameau d’une jeune fille, dans notre jeunesse. Leur mode est un signe d’appartenance à leur tribu qui n’est plus la-nôtre. Le fait est qu’ils en sortent peu et que les avanies arrivent lorsqu’ils entrent en contact avec le monde du travail et que là… il faut poser le téléphone, et abandonner le petit câble blanc en ‘y’ pour d’autres tâches imposées par ledit travail. Et puis, vous titrez « Le cul mou » et vous nous offrez une belle rondeur emballée dans le Calvin Klein de rigueur dans ce genre d’images. On a le mauvais goût de réserver le mot callipyge pour le poster des Dames. Mais je l’emploie aussi pour celui des Messieurs ! Ma vie sentimentale un brin bigarrée m’a appris à apprécier tout ce que la terre nous offre dans ce domaine. Et puis, revenez en arrière, pensez au grand Jacques : « … de jeunes peigne-culs nous montrent leur derrière/ en chantant…. Les bourgeois, c’est comme les… ». Croyez-moi, les jeunes sont lucides et nous font bien savoir comment ils adôôôrent ce monde que nous leur léguons et comme ils nous en tiennent pour responsables. Mal gré que nous en ayons ils auront la vie plus difficile que nous n’avons eu la-nôtre. Profitons-donc de ce qu’ils nous offrent gratuitement, c’est rare le gratuit, et non, décidément, je ne partage pas votre avis… ils n’ont pas tous le cul mou…. Il y a aussi de fort jolis derrières… Vous avez, sans doute vu, comme les touristes passent derrière le grand ‘David’ de Michel-Ange (en tout cas sur la copie de Florence que j’ai vue) et je ne suis pas sûr que ce soit pour admirer seulement ses mollets ! Oui, Michelaise, il y a « aussi » d’émouvantes fossettes de reins et de bien jolis culs dans la nature.

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    1. Ah Michel, avec votre parler clair habituel, vous me mettez en joie : j'avoue que j'adore "les jeans tellement ajustés qu’on voyait parfois la religion d’un jeune homme, c'est dans mes cordes, mais par contre, avec ma candeur habituelle j'avoue rester coite et perplexe devant la patte de chameau des jeunes filles ?? Même si je vois à peu près de quoi il peut d'agir. Après avoir consulté, comme de bien entendu, google image me voici dessalée, me disant que finalement c'est bien de savoir (enfin) comment s'appelle cette exhibition qui met mal à l'aise.
      C'est justement Michel parce que j'apprécie, comme vous, les rotondités et autres fermetés, fossettes et rondeurs, que je déplore ces fonds de culotte qui tombent bas et effacent tout en révélant un haut de slip parfois douteux, pas toujours aussi affriolant que celui que j'ai immortalisé pour le blog ! Pas du tout pontois je l'avoue, car chez nous le Calvin Klein n'est pas de rigueur, on n'a pas de ces subtilités dans nos campagnes profondes !

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    2. Michel de Lyon1 juin 2013 15:43

      Ravageuses vos deux dernières lignes… Désolé pour la traduction : « patte de chameau » ; si j’avais mis ‘cameltoe’ cela vous aurait fait partir dans des cochoncetés sans doute bien pires que ce que vous avez pu découvrir sur Google. Je vous avoue ne pas vérifier. Le C.K. n’est pas un critère et ne méprisez pas les éventuelles subtilités de la campagne profonde. Je peux avouer une aventure de campagne profonde un après-midi d’été de moissons où le soleil, le bronzage, les formes mises en valeur dans l’effort n’avaient pas besoin d’une marque pour me faire découvrir que si la femme est bien l’avenir de l’homme, d’autres options étaient envisageables pour une folle nuit d’août et remémorée avec émotion même quarante ans après. La beauté seule compte (ou l’idée que nous nous en faisons chacun). Ceux qui dévoilent un haut de slip (parfois) douteux, dites-vous, ne méritent pas un regard… ni même trois lignes sur votre blog. Laissons la laideur au vulgaire et détournons les yeux pudiquement.

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    3. Je vous sens bien lyrique et plus que vaguement nostalgique mon cher Michel ! décidément le fond effondré (c'est quoi ça ???!!) des falzars lycéens nous emmène fort loin ... quant à mes deux dernières lignes, elles sont à l'image des provocations que j'aime bien distiller de-ci, de-là dans ce blog, car le mépris de urbains pour nos repaires choisis, assumés et bien plus civilisés à mon sens ce que leurs villes anonymes, me gonfle parfois un peu ... beaucoup ! Alors je fais de la provoc !! Beaucoup moins risquée, côté tension artérielle ou cœur que les indignations susdites !! Et bien plus savoureuses, car d'aucuns les prennent souvent au premier degré ! Ce qui me fait mourir de rire. Allons bon, il fallait bien que cela s'achève par une mort subite !

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    4. Merci Michel pour cette expression (patte de chameau) que je ne connaissais pas moi non plus et que je saurai recaser dans les dîners mondains. Et merci aussi à Google images!

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  5. Michelaise, ton histoire de "cul mou" a suscité des commentaires bien dynamiques et je souris encore de ce que tu as écrit et qui a été repris par Michel de Lyon avec tant d'énergie et de drôlerie. Une page pleine de surprises... Les jeunes ont l'art trouver les moyens de faire parler d'eux et d'agacer les "vieux" que nous sommes... ;-)
    Je te souhaite une bonne soirée et un bon dimanche. Encore merci pour tes beaux papillons :-)
    Je reviendrai te lire bientôt. J'ai raté encore pas mal d'articles ici...

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    1. Oh tu sais Oxy, mes articles "pédago" n'ont d'intérêts que pour ceux qui, plus tard, viennent les lire car ils vont visiter le château du Catajo ou l'expo machin !! pour le reste, comme dit Michel, je n'en abuse pas trop pour ménager mon petit coeur !! Merci de ton sourire

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  6. Je me souviens encore du savon que j'avais pris en 69, année érotique, lorsque ma mère m'a vue affublée d'une "patte de chameau" assortie de pattes d'éléphant. Merci Michel de Lyon, je ne connaissais pas l'appelation et pourtant j'ai usé du sortilège.
    J'avais déjà jeté mon soutien-gorge moi même, elle a mis mon pantalon au vide-ordures ainsi que mes pataugas!!!! Mes pataugas trouées, décorées, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps !
    Ma copine Anne s'était fait virer du lycée parce que son short était trop trop court et très très moulé,ah les chameaux ! Tout le lycée s'est mis en grève illico. Anne était très belle. On se mettait tout l'temps en grève, on faisait des AG et on s'embrassait dans tous les coins du lycée en laissant trainer des mains partout...
    Norma j'te vois avec ta minijupe ;-)
    Maintenant j'suis "vieille", mes mômes pensent que je ne serais pas capable d'aller aux Vieilles Charrues alors que j'ai couché dehors plus souvent qu'eux !
    Lorsque je faisais taxi pour attardés ados, on me laissait poireauter à distance pour fumer sa clop tranquille et tout le monde remontait son falzar avant de monter en voiture.
    Ce qui me fait de la peine, de l'inquiétude, ce sont les traces qui restent, les tatouages, les piercing. Bref les conneries de jeunesse qui laissent des traces dans le corps.
    Pas facile d'être prof, pas facile d'être parent.
    Mais sommes-nous vraiment responsables de tout ça, comme tu sembles le penser. Je n'en suis pas sure. Nous culpabiliser, ce n'est pas leur rendre service. J'ai souvent le sentiment que notre rôle, même réfléchi et bien assumé, n'est plus prépondérant, que notre parole est couverte par le brouhaha d'un monde qui manipule pour mieux aliéner.
    Tiens aujourd'hui à Poitiers il y avait une poignée d'allumés qui défilait avec des drapeaux rouges en chantant l'internationale, j'ai vérifié, je me souviens encore des paroles ;-)
    Il était beau mon premier amour quand même !
    Bises.
    PS : tu remarqueras sur la photo n°3 que le slip est impeccable. C'est déjà ça, ils se lavent, se changent et maman fait les lessives !

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    1. Lulu, j'avoue que j'adore l'année 69 comme année érotique !! Ta maman était, la pauvre, un peu dépassée par ce vent inattendu et je suis certaine que vous avez souvent évoqué, toutes les deux, ce falzar et ces pataugas mis à la poubelle dans un bel élan de souci de protection de la morale !! Quant à la grève là carrément je t'envie, car chez "mes" bonnes soeurs", pas de grève bien qu'elles aient viré une des nôtres qui avait eu le toupet, la vilaine, de fumer dans les buissons du parc ! et, ce, à deux mois du bac !
      Ceci étant, tu as raison quelle galère d'être parent : moi, j'en conserve l'impression d'une longue période de frustration, où on se prive de tout un tas de trucs, histoire de donner l'exemple. Et être réduite au rang d'utilité qui fait les lessives pour que les slips soient bien propres au-dessus des pantalons, bof, très peu pour moi !
      Pour autant, nous ne sommes pas directement responsables, certes, mais nous avons donné dans certains excès qui nous attiraient conforts et jouissances, alors que nous aurions pu, ou dû nous insurger. Mais ainsi va le monde, pas vrai Lulu ??

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  7. Les miens doivent être l'exception qui confirme la règle je n'ai jamais eu à me battre contre cela
    je pense que les parents sont en grande partie fautifs je te dis tout de suite je n'ai rien lu des commentaires au-dessus trop de retard partout donc je viens peut-être mettre de l'huile sur le feu ou redire
    Nous n'avons jamais autorisé certaines choses et ce dès le plus jeune âge il y a avait des règles établies de plus les garçons étaient dans un établissement ultra sévère et les élèves qui arrivaient avec tee-shirt ou sweat à l'effigie de tel ou telle se voyaient devoir porter le vêtement à l'envers!!!
    Quant à ceux qui arrivaient avec force gel dans les cheveux se voyaient recevoir un broc d'eau sur la tête avant d'entrer en classe.
    Et personne n'a jamais contesté quoi que ce soit de toutes façons il y avait la queue pour entrer dans cet établissement donc ceux qui n'étaient pas contents le directeur ne les retenait pas!
    Je ne pense pas en avoir fait des frustrés ils savent qu'il est des circonstances où on se doit d'avoir une certaine tenue
    Ils savent porter des sweats à capuche et tennis avec les copains et costume cravate lors des mariages ou autre

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    1. Bien sûr Aloïs, tes fils ont été "bien élevés" et sont maintenant adultes ! Je parlais dans ce billet de jeunes de milieux plus que modestes, dans un environnement qui a tant à faire que la tenue n'est plus, pour ceux qui les éduque, une priorité. Je parlais surtout d'adolescents, et de ceux qui suivent des formations pas toujours très porteuses d'emploi. Les "miens", de jeunes adultes qui vont entrer dans la vie active, ont compris tous seuls le problème de la tenue !! Et si parfois, nous avons besoin d'intervenir c'est plus pour les aider financièrement à acheter un veston (cela nous est arrivé) que pour leur faire la leçon en la matière !
      Mais justement, je prenais l'exemple de la vêture de ces ados un peu paumés pour dire qu'elle est, peut-être, le reflet de leur désarroi devant l'avenir qui se profile pour eux, incertain, difficile et remplis de conventions qu'ils ignorent.

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  8. Pas si vieille à défaut d'être encore vraiment jeune, je préfère mille fois les jeans dégoulinants à la panoplie Cyrillus d'enfant modèle qui me donnait, et me donne toujours de l'urticaire.
    Le nomadisme ne me dérange pas plus que ça, après tout est-ce si gênant de ne pas vivre et mourir pour son job?
    La vie par écrans interposés, beaucoup plus, j'avoue ...mais au bout du compte, je suis certaine que de tout temps les anciennes générations ont critiqué les jeunes et le monde a continué à tourner (plus ou moins bien il est vrai).

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    1. Pour compléter ce que je disais à Aloïs, pour ces jeunes (Pons est une "ville" de 5000 habitants et le niveau socio-culturel n'est pas au Cyrillus !!) le nomadisme n'est pas une preuve d'émancipation, comme il l'est pour ceux, plus évolués, qui veulent (et c'est une aspiration que l'on peut avoir quand on est armé pour la vie) fuir l'encroûtement, mais qui ont les "moyens" (familiaux, intellectuels, sociaux et financiers) de savoir qu'ils retomberont sur leurs pieds. Il ne s'agit nullement dans cet article d'une critique des jeunes, ce que tu dis Blandine est tellement vrai que je me couvrirais de ridicule à railler la vêture tendance des jeunes. Elle est nécessaire et - nous l'avons vécu tout de même, Norma le rappelait plus haut, c'était pas triste dans les années 68 - fait partie du processus de construction du jeune adulte. J'étais simplement triste de constater qu'à Pons les jeunes ne savent que reproduire avec retard, une mode qui, par son côté "effondré" n'est pas vivifiante pour eux. Là où il faudrait qu'ils soient révoltés, ils sont simplement passifs, défaitistes et bofistes, à l'instar de leurs falzars qui pendouillent !

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